Une odeur de churros dans l’air, des barbes à papa qui collent aux doigts, des cris de joie mêlés à la musique des manèges. Chaque printemps, la fête foraine apporte à Vélizy-Villacoublay une parenthèse enchantée. Repensée après l’arrivée du tramway puis mise entre parenthèses durant la période Covid, la Fête de Printemps continue pourtant d’attirer petits et grands. En coulisses, un chef d’orchestre veille à sa bonne tenue : Xavier Saguet.
Xavier Saguet, en tant que gérant de la fête, accueille les forains, organise leur installation et assure la coordination avec la Ville. « J’œuvre sur l’offre, sur ce qui est proposé au public, tandis que la Ville nous apporte un soutien administratif et technique », nous confie-t-il. Une collaboration qui porte ses fruits puisque chaque année, près de 80 % des forains reviennent. « On est tellement bien accueilli à Vélizy que la fidélité est naturelle. Quelques emplacements sont néanmoins réservés pour apporter de la nouveauté », explique-t-il.
La Fête de Printemps rassemble ainsi environ 45 stands. Cette année, elle se tiendra du 14 au 29 mars. « L’organisation est différente des autres fêtes foraines en France. On ouvre dès 11h, avec des tarifs réduits de 11h à 14h. Les familles peuvent ainsi profiter sans trop d’affluence. Et cela nous permet de fermer moins tard, pour limiter les nuisances en soirée pour les riverains ».
Cette fête a une saveur particulière pour Xavier Saguet. Il la découvre pour la première fois à 15 ans, alors que ses parents y participaient déjà. « Nous sommes forains de génération en génération. Je suis né dedans. » Son enfance se déroule ainsi sur les routes, entre montage et démontage de manèges, avec l’envie d’offrir de beaux moments aux visiteurs. Diplômé d’un DEUG en sciences économiques, il choisit pourtant de poursuivre cette vie itinérante, aussi exigeante que passionnante.
« Je suis fier d’être forain, c’est dans mon ADN. Cela relève à la fois de mon héritage familial et du choix d’un mode de vie de nomade. Être avec sa famille, voir ses enfants grandir chaque jour, cela n’a pas de prix. » Père de trois enfants et aujourd’hui grand-père, il savoure ce quotidien partagé, rare dans bien des métiers.
Au-delà de l’organisation, Xavier et ses enfants exploitent également leurs propres manèges. Avec l’hiver, les dernières semaines étaient consacrées à leur entretien. « Comme nous sommes itinérants, nous démontons nos installations. Cela nous permet de contrôler les pièces, d’anticiper les changements et d’avoir une vision précise de nos manèges. À chaque installation, une maintenance est réalisée » nous explique-t-il.
De voyage en voyage, dans les trois quarts de la France, Xavier Saguet mesure la singularité de son métier. « On arrive sur un parking à Vélizy, dans un champ ou aux abords d’une forêt pour la Fête des Loges. Il n’y a rien. Et en quelques jours, on transforme ces lieux en espaces éphémères de divertissement. On change le quotidien des gens ».
Très investi dans la valorisation de sa profession, il a cofondé la Fédération des Forains de France avec d’autres collègues. Une structure qui a notamment permis, pendant la période Covid, très difficile pour les forains, d’obtenir une écoute des ministères et de mener des projets à plus grande échelle. « Toujours avec le même objectif : offrir un avenir à nos enfants ».
Pour Xavier Saguet, les fêtes foraines restent plus que jamais indispensables. Des lieux de mixité, où chacun vit la même expérience, indépendamment de son origine ou de sa situation. Des lieux où l’on oublie un peu les tracas du quotidien ; où l’on pose nos téléphones pour profiter de l’instant présent. « C’est un patrimoine immatériel reconnu par l’Unesco. Ici, c’est la vraie vie : de la gourmandise, des frissons et des moments partagés », détaille Xavier. Un métier exigeant, parfois contraint par l’évolution urbaine, mais profondément humain. Alors, attention Mesdames et Messieurs dans quelques jours, ça va commencer… !
Plus d'infos sur la fête (dates et horaires) ici !