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Lundi 14 janvier 2019

Vélizy a son étoile de la danse

Professeur de danse classique et de pilates depuis sept ans à l’École de Musique et de Danse de Vélizy-Villacoublay, la danseuse Déborah Bourroux lève le voile sur sa passion et sa carrière. Petite, elle se rêvait dans les plus grands ballets, sur l’une des plus grandes scènes internationales, l’Opéra de Paris. Quand un jour, le rêve est devenu réalité… Portrait.

Vélizy a son étoile  de la danse

Originaire de la région toulousaine, la petite Déborah débute la danse classique à l’âge de 4 ans. D’abord une fois par semaine dans une école de danse municipale, puis plus régulièrement dans un établissement privé où les professeurs repèrent très vite ses capacités. Encouragée par sa maman, couturière dans un magasin de danse et passionnée, ce petit bout de 1m28 seulement intègre à 11 ans l’École Besso à Toulouse. « Cette institution était réputée pour l’excellence de sa formation. Je faisais 5h de danse par jour, du lundi au samedi inclus ! », révèle-t-elle. Un rythme effréné de 8h à 20h. « Plus que la discipline imposée par la danse elle-même, c’est le souvenir de l’extrême sévérité des professeurs qui m’a profondément marquée », livre Déborah encore touchée.  Parmi les meilleures, elle remporte l’un des concours les plus prestigieux, le Grand Prix de la ville de Bayonne en 1987. Éprouvée par la dureté de cette formation, elle s’accroche malgré tout, la passion de la danse chevillée au corps. Et sa ténacité lui donne raison… Elle entre au Conservatoire de Toulouse où elle fait une rencontre déterminante pour la suite de sa carrière, le professeur Juan Giuliano, ancien danseur étoile à l’Opéra de Paris et chorégraphe. « Je lui dois beaucoup », reconnaît notre danseuse « quand il m’a vu arriver la première fois, je ne faisais qu' 1m35 pour mes 14 ans. Il m’a dit : "ce n’est pas possible, tu vas arrêter tout de suite ces 5 heures de danse par jour". Je n’en ai fait alors plus que trois ». Un lâcher-prise, un déclic qui, de la tête au corps, provoque une énorme poussée de croissance chez la jeune fille. « J’ai pris 11 cm en deux mois ! ». Elle retrouve goût à la danse. « Autant à l’École Besso, nous étions très portés sur la technique pour faire de nous des bêtes de concours, avec le professeur Giuliano, il y avait toute cette culture de la danse, toute cette sensibilité artistique que j’ai apprise avec lui ».

Du Capitole à la Capitale

En 1991, elle obtient son Prix au Conservatoire et décide de monter à Paris pour « suivre » son professeur et mentor, recruté par une autre grande école de danse, l’Académie Chaptal. L’idée de vivre seule à Paris dans un studio alors qu’elle n’a que 16 ans ne l’effraie absolument pas, contrairement à ses parents plutôt réticents. « La danse ça fait grandir, mûrir. On est tout de suite dans un monde d’adultes. La carrière est très courte. On est obligé de se projeter rapidement sur l’avenir, de penser comme une personne mûre », explique Déborah à propos de ses choix.« A Paris, je commence à travailler comme danseuse dans le groupe chorégraphique des Hauts-de-Seine ». A la même époque, elle s’ouvre au Modern Jazz et apparaît sur les plateaux de télé dans des chorégraphies pour animer des émissions comme le Club Dorothée ou des programmes sur le thème de Noël. « On apprenait les danses pendant les intermèdes. C’était du direct et on n’avait pas droit à l’erreur sous peine de ne pas revenir la semaine suivante », se rappelle-t-elle. Elle y fera de belles rencontres. Les plus marquantes restent celles du chanteur Ray Charles ou encore de la soprano, actrice et danseuse, Julia Migenes Johnson. Avide d’expériences, Déborah enchaîne différents projets, passe plusieurs auditions. « J’ai travaillé avec Claudette Scouarnec avec qui on a monté l'un des plus vieux ballets romantiques du répertoire Le Pas de Quatre, puis Paquita ». C’est elle qui la repère et l’invite à tenter sa chance à l’Opéra de Paris. Le rêve de toute danseuse : danser au Palais Garnier… Enfant, elle en a rêvé, mais sa petite taille lui en interdit hélas l’accès. Des années plus tard, la voilà de nouveau à 23 ans, aux portes de ce rêve d’enfant. Elle réussit l’audition et intègre le corps des artistes de complément pour faire de la figuration, mais aussi pour remplacer parfois au pied levé des premiers rôles à l’Opéra Garnier ou Bastille. « Cela m’est arrivé plusieurs fois, notamment dans La Bayadère où je jouais la nourrice de la danseuse étoile, ou encore dans Roméo et Juliette où j’avais le rôle de la mère… », cite l’artiste à titre d’exemples en ajoutant, « J’adore Garnier, c’est magique. J’ai quand même la chance depuis 20 ans d’être appelée chaque année. Je travaille avec des gens qui ont l’âge de mon fils aîné (19 ans) », s’étonne-telle avec un petit sourire. Ce même étonnement amusé qu’elle affiche à l’évocation de ses auditions où, face à de jeunes danseuses, elle est retenue pour figurer dans des  troupes prestigieuses comme Le Bolchoï avec « une énergie incroyable » dit-elle, ou encore La Scala de Milan, l’American Ballet Theater... Au mois de mars prochain, elle rejoindra le ballet de l’Opéra de Paris pour présenter Le Lac des cygnes à Bastille. Son ballet préféré. « Je m’arrête de danser au 3ème acte et je me glisse dans la salle pour savourer le 4ème », dévoile-t-elle. « C’est un bonheur de continuer d’être en contact avec la scène, de pouvoir rencontrer les nouvelles générations de danseurs, de voir de nouvelles chorégraphies qui nourrissent mes cours, mes propres spectacles », réalise également l’enseignante accomplie qu’elle est devenue.

Transmettre sa passion

Déborah aura passé son diplôme d’État de danse classique en un temps record, seulement en un an ! En sortant même première de sa promotion ! « J’ai toujours aimé enseigner à tous les âges, tous les niveaux », confie-t-elle. Son idée de l’enseignement tient en deux mots : bienveillance et bien-être. Enseignante depuis 7 ans à l’École de Musique et de Danse et depuis 20 ans dans l’association Petits pas à Morigny-Champigny (91), elle organise des spectacles avec des chorégraphies de style classique et néoclassique, présente des élèves dans des concours de renom, comme le Trophée Tsirelle ainsi que le conservatoire de Versailles et des écoles prestigieuses à Paris.« Je trouve que cela fait beaucoup de bien aux enfants de faire de la scène. Cela leur apprend à gérer le trac, le stress ». Lors des spectacles, l’enseignante tient à ce qu’aucun danseur ne soit mis dans l’ombre. Tous connaissent leur heure de gloire. Même si Déborah a la réputation d’être très exigeante, perfectionniste sur le placement, sur la position la plus parfaite, elle laisse les enfants choisir ou non de suivre leur vocation, qu’elle détecte en eux ou pas un potentiel. « Il n’y a rien de pire que d’arriver sur scène et d’être dans l’à peu près. Je dis à mes élèves qu’il faut toujours essayer de donner le meilleur de soi-même, chacun avec ses capacités ». Le meilleur de soi-même, à l’image de leur professeur aussi exigeante avec elle-même, et toujours à la pointe de son art...

 

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