La Ville de Vélizy-Villacoublay poursuit son engagement en matière d’innovation urbaine. Marouen Touibi, nouvellement élu conseiller municipal délégué à la Ville Intelligente, porte une ambition claire : continuer de faire de Vélizy un territoire pionnier où la technologie est au service du quotidien de chaque Vélizien.
Les Échos : Qu’est-ce qu’une ville intelligente selon vous ?
Marouen Touibi : On associe souvent la ville intelligente au numérique et aux technologies. Pourtant, elle va bien plus loin. Son objectif premier est d’optimiser le fonctionnement global de la ville et d’améliorer la qualité des services rendus aux habitants. C’est une approche d’ensemble, pensée pour le bien-être de tous. Elle repose sur l’analyse des usages pour ensuite adapter les aménagements, rendre la ville plus sûre, plus écologique et plus écoresponsable, tout en maîtrisant voire en réduisant la facture. Mon rôle est de veiller à ce que l’innovation profite à tous : aux familles, aux seniors, aux jeunes, aux entreprises.
En quoi Vélizy-Villacoublay est-elle un exemple dans ce domaine ?
Vélizy-Villacoublay se distingue par une approche très opérationnelle de la ville intelligente, tournée vers l’efficacité et l’aide à la décision. Concrètement, cela se traduit par la dématérialisation croissante des démarches et par un travail transversal entre les services pour les simplifier.
Cette stratégie a des effets tangibles au quotidien, tant dans les équipements municipaux que dans l’espace public : déploiement de capteurs dans les bâtiments, développement de la vidéosurveillance, recours à la géothermie, mise en place d’une identité numérique certifiée… sans oublier une offre riche d’applications et de portails numériques.
Comment évitez-vous la fracture numérique ?
L’enjeu est d’accompagner tous les habitants vers ces nouveaux usages, sans laisser personne de côté. Cela passe d’abord par la formation et des ateliers numériques pour aider chacun à s’approprier les outils, avec un accompagnement de proximité et une sensibilisation aux bons usages. La prévention face aux arnaques et aux risques en ligne fait partie intégrante de cette démarche. La cybersécurité est d’ailleurs un enjeu majeur, en interne comme pour les usagers. Mais le numérique ne remplace pas l’humain : une présence physique est toujours assurée dans les accueils. La Ville s’appuie au quotidien sur son guichet unique pour faciliter les démarches, et sur son service communication qui publie régulièrement des tutoriels en ligne et articles de sensibilisation.
Quels sont les projets à venir ?
Nous aurons dans les semaines à venir deux nouveaux portails en ligne. Un pour la location de salle pour pouvoir voir la disponibilité des salles et effectuer sa réservation directement en ligne... et un pour le cimetière, qui est déjà en ligne, pour connaître les travaux en cours ou obtenir l’emplacement d’une concession. Nous avons à cœur d’utiliser la technologie pour faciliter le quotidien. Notre objectif est d'imaginer des applications utiles, éthiques et accessibles à tous.
À quoi ressemblera concrètement la ville dans 10 ans ?
On pourrait imaginer une ville encore plus réactive. Grâce à un jumeau numérique par exemple, une maquette 3D du territoire alimentée en données réelles : trafic, énergie, météo… Il serait possible de simuler les projets avant leur réalisation : densité, mobilités, impacts sur le cadre de vie. Cela serait une aide précieuse à la décision. La ville pourrait ainsi s’adapter en continu et proposer des services toujours plus en phase avec les usages. Une ville plus agile, guidée par la donnée, au service du quotidien des habitants.