Pour Magalie Dréan, le sport est un véritable mode de vie. En regardant ses performances, on se dit qu’il faudrait plus d’une vie pour accomplir ses exploits, motivés par une vision : le sport au service du bien-être. Une approche qui s’est construite avec son parcours. Rencontre…
Photographie : Arnaud Vareille
Pour Magalie, le vélo n’est pas qu’une affaire de kilomètres. C’est une passion qui rythme son quotidien, un terrain de liberté et, surtout, une aventure humaine. Depuis 14 ans, elle sillonne les environs de Vélizy-Villacoublay. Et pourtant, c’est par hasard qu’elle découvre cette passion au détour d’une bourse aux vélos organisée par l’ECV. Un VTT lui fait de l’oeil et l’envie de s’évader fait le reste. Elle rejoint donc le Cyclo-Club de Vélizy et, depuis n’a plus quitté le vélo ! Celle qui aime varier les terrains de jeu roule aussi bien avec le CCVV, tourné vers une pratique de loisir, que de l’ECV, davantage orienté vers la compétition. En 2016,
elle a même pris part à un périple à vélo jusqu’à Dietzenbach contribuant à relancer le jumelage.
Chez elle, le vélo fait partie du quotidien. En semaine, elle enfourche son vélo dès 6 heures du matin, pour une sortie autour de la base militaire avant le travail. Le soir, place au VTT dans les bois environnants, pour une heure d’évasion, deux à trois fois par semaine. Et quand arrive le week-end, les choses sérieuses reprennent : au moins trois heures de vélo de route le samedi, puis une belle sortie en VTT le dimanche. Autant dire que chez Magalie, le canapé est rarement utilisé ! Derrière cette régularité, il y a une conviction simple : bouger, c’est bon pour le corps, la tête et le moral. Dans un quotidien professionnel sédentaire, profiter de la nature et entretenir sa forme sont essentiels pour elle : « Mon objectif c’est de continuer à pratiquer une activité physique le plus longtemps possible ».
Mais Magalie veut aussi donner envie aux autres, et particulièrement aux femmes, de se lancer. C’est dans cet esprit qu’elle s’est engagée comme ambassadrice Île-de-France de la Fédération Française de Cyclisme, avec une mission qui lui tient à coeur : agir, partager et fédérer autour du vélo féminin.
C’est lors d’une rencontre à la boucle de Longchamp, qu’elle a le déclic. « Il y avait déjà des ambassadrices pour le sport féminin, mais que des jeunes. C’est important pour moi de montrer aux femmes qu’on peut faire ou reprendre le sport à tout âge. »
Depuis, elle organise avec Vivre Vélo au féminin une dizaine de sorties gratuites par an, pour permettre aux femmes de découvrir de nouveaux parcours dans une ambiance conviviale et sans pression. « Nous faisons des sorties de 20 à 60km pour que chacune puisse progresser à son rythme. L’idée c’est de ne plus rouler seule, de faire des rencontres et de rejoindre, le temps d’une sortie, une communauté bienveillante.» Magalie y accompagne les participantes dans l’apprentissage de quelques bases : choisir des itinéraires adaptés, rouler en groupe et partager la route en toute sécurité.
Comme la plupart des enfants, Magalie s’essaie à la danse et au football, avant de découvrir l’athlétisme. Un de ses professeurs du collège lui suggère de pratiquer avec l’Union Nationale du Sport Scolaire, où elle se spécialise en sprint, en 80m haies, ainsi qu’à l’heptathlon. Elle commence à accumuler les titres, de championne de France UNSS au triple bond, en passant par vice-championne de France au 100m haie cadette. Mais ce dont elle se souvient plus que les médailles, c’est l’émulation saine de ces compétitions : « Je retrouvais toujours 2 autres filles sur le podium, c’étaient des concurrentes sérieuses et nous nous poussions mutuellement à nous dépasser, ce qui nous a permis de battre des records. » Elle continuera la compétition plusieurs années, jusqu’à son premier enfant.
Pour ne pas complètement arrêter le sport, elle glisse alors vers la course à pied et court des 10km, avant de se lancer dans des marathons et des trails.
Durant la période du covid, elle continue le vélo et la course. Mais comme pour beaucoup, cette période permet à Magalie de se redécouvrir. « J’ai réalisé que les haies me manquaient, c’était assez inattendu. J’ai donc contacté mon ancien club pour un prêt de haies et j’ai commencé à les franchir dans mon jardin ». C’est donc à 50 ans que Magalie Dréan se lance le défi de retrouver son niveau d’antan.
Elle travaille la technique et se réinscrit en club. Dès la première année, cette perfectionniste s’inscrit au championnat de France et monte sur la première marche de sa catégorie ! « C’est probablement parce que j’étais la moins stressée », explique-t-elle en riant. « Pour moi c’étaient deux victoires en une : la médaille bien sûr, mais surtout retrouver ces sensations incroyables que j’avais pu avoir pendant 15 années au niveau national.» Et pour garder le rythme, seulement une semaine après, elle réalise trois épreuves à vélo au Mont Ventoux. Athlète complète, Magalie Dréan fait aujourd’hui le souhait d’écouter son corps, et se concentre sur le VTT ainsi que la moto tout terrain, en préparant notamment un voyage dans le Haut-Mustang. Il semblerait qu’après des années de pratique, cette athlète soit toujours à la recherche de nouveaux défis !