Née en 2003, Tosca Noury appartient à cette génération d’autrices qui ont grandi avec le numérique. Très tôt attirée par l’écriture, elle noircit ses premiers cahiers dès le collège - allant jusqu’à écrire des « débuts d’histoires » en cours de latin - et publie même ses premiers écrits en ligne à seulement 13 ans. À 17 ans, elle rédige son premier recueil de poésie, puis commence à 18 ans à imaginer le roman qui paraîtra quatre ans plus tard. Une entrée précoce dans le monde littéraire qui la place aujourd’hui parmi les nouvelles voix de la littérature young adult.
© Laurine Aubin
Après des études menées entre Lyon, Londres et Dublin, Tosca Noury s’installe à Paris, où elle obtient des diplômes en sciences politiques, journalisme et production audiovisuelle. Si la capitale constitue son point d’ancrage, elle reste profondément attachée à des territoires plus naturels et quitte régulièrement la ville pour rejoindre la Bourgogne ou la Savoie, qu’elle parcourt en toute saison. Ces respirations loin de la ville nourrissent directement son imaginaire.
Elle revendique une écriture ancrée dans le réel, à l’image de Margaret Atwood, autrice de La Servante écarlate. « Dans mon roman, rien n'est inventé », nous confie-t-elle. « J'ai souhaité ne rien introduire qui n'ait pas déjà eu lieu à un moment de l'Histoire ou quelque part sur Terre ».
Avec Dissidentes, sa première duologie destinée aux jeunes adultes, Tosca Noury s’impose progressivement dans le paysage éditorial.
Dans son tome 1, le pays est ravagé par une crise démographique, les femmes sont traquées et envoyées dans des Instituts de Natalité dont on ne revient pas. Jo, 18 ans, héroïne dure et grincheuse, fuit en se déguisant en homme et s’allie malgré elle à Edgar pour tenter de rejoindre l'union scandinave, dans une course à la survie. À travers des personnages en quête de repères et en mouvement, l'autrice explore des thématiques féministes et politiques contemporaines qui trouvent un écho auprès de son lectorat.
L’ouvrage est récompensé par le Prix des Halliennales 2025, une première reconnaissance marquante. « Ce livre, je l’ai pensé à destination des 15-25 ans, mais j’ai des lecteurs de toutes les générations, même de l’âge de mes grands-mères », explique Tosca.

© Babayaga Pepperland et Didier Jeunesse
Encore au début de son parcours, elle construit progressivement son œuvre et travaille actuellement sur son tome 2. « Je ne suis pas une autrice de premier jet. J’aime la réécriture et le travail éditorial. Pousser le potentiel du texte à son maximum. Passer d’un livre imparfait à un livre abouti ».
Son écriture a également évolué au fil de ses projets. Plus intuitive et spontanée pour son premier roman, elle devient désormais plus structurée, avec des plans détaillés et un travail préparatoire approfondi. Pour autant, elle conserve une part d’instinct dans son processus créatif. « Je suis reconnaissante du travail mené avec ma maison d’édition. Mon premier roman a par exemple été totalement restructuré dans sa chronologie, au moment de sa publication. Je me suis professionnalisée. Je suis comme passée du statut d’artiste au statut de professionnel de l’édition », nous raconte Tosca.
Dynamique, l’autrice poursuit aujourd’hui son travail entre écriture et rencontre avec les lecteurs lors de salons ou séances de dédicaces. Très présente sur les réseaux sociaux, elle partage également son univers à travers son podcast Lit Thé Ratures et une newsletter qu’elle décrit comme plus intime. Elle y évoque ses lectures, ses méthodes d’écriture et les coulisses de son travail, tout en entretenant un dialogue constant avec sa communauté.
Elle intervient aussi régulièrement dans les établissements scolaires, où elle encourage les plus jeunes à se lancer dans l’écriture. Son message est clair : écrire est accessible à tous. Marquée par des années de harcèlement, elle a trouvé dans la lecture un refuge avant de comprendre qu’elle pouvait, elle aussi, prendre la plume. Aujourd’hui, elle défend une vision vivante de la lecture et de l’écriture, loin des clichés, comme une porte ouverte sur d’autres horizons. « Il n’y a pas d’âge limite pour découvrir le plaisir d’inventer des histoires. On a tous des choses à dire, à raconter. » nous a-t-elle confié. Côté projets, elle prépare déjà la suite : un nouveau roman prévu pour 2027, à la croisée du young adult et du new adult, avec l’envie d’évoluer en même temps que ses lecteurs.