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Roger Madec, un homme dans l’ombre de missions d’exception

Donnerstag, 1. oktober 2026
Kultur
Geschichte

La volonté et la détermination sont des qualités appréciées lorsqu'on choisit de servir son pays. Roger Madec, lui, en débordait. C'est d'ailleurs ce qui lui a valu d'escorter François Mitterrand et de connaître de nombreux secrets d’État…

Roger Madec, un homme dans l’ombre de missions d’exception

Roger Madec grandit dans une famille de fermiers en Bretagne entouré de sa fratrie et de ses parents. Cet homme jongle entre ses études et ses tâches quotidiennes à la ferme, mais très tôt, une vocation s’impose à lui : travailler au service de son pays. Tout commence alors en 1962 lorsqu’il embrasse son service militaire. Il fait ses classes puis prend la direction de la caserne de Besançon où il rencontre deux CRS. Admiratif de leurs capacités physique et mental, il se demande : « Plus tard, pourquoi ne pas devenir CRS ? ».

Ainsi, il se perfectionne puis passe les premiers tests de sélection en 1973 pour rejoindre le GIGN, unité d'élite de la gendarmerie française, spécialisée dans la gestion de crises et les missions dangereuses. Une première étape qui le mènera bien plus loin grâce à sa persévérance et le soutien de ses parents.

1er mars 1974, ses débuts au sein de l’unité du GIGN

Roger Madec se retrouve au coeur de missions aussi exigeantes que discrètes. Elles évoluent et deviennent de plus en plus complexes face à des individus ultra-dangereux comme en atteste ce dimanche 25 mars 1979 à la prison de Fleury-Mérogis...

Alors qu’un prisonnier tente de s’évader en prenant en otage le sous-directeur de la prison, Roger Madec et son équipe sont appelés par le préfet pour débloquer la situation. La pression monte pour l’unité qui fouille le bâtiment à la recherche du forcené. À pas de loup, ils s’enfoncent dans les couloirs déserts puis le retrouve. « Tapi dans un recoin (…) il ne peut pas me voir. De plus, il n’a pas d’angle de tir et le canon de son pistolet ne touche pas le dos du sous-directeur blessé d’une balle perdue. Je laisse avancer l’otage de deux pas (…) et vise la main droite du prisonnier. Un morceau de la crosse de son revolver vient transpercer sa main ». L’arme tombe au sol mais le forcené la récupère de sa main encore valide, et « pan ! » un second tir retentit. Fin d’opération. L’agitation cesse et la pression redescend.

Une fois le procès de l’assaillant ouvert, celui-ci fait le choix de remercier Roger Madec de lui avoir épargné un sort tragique. Face à cet acte de bravoure, ce dernier se voit décerner la médaille de la gendarmerie.

Parmi ses exercices suivants, le souvenir d’un incident le marque à jamais. Alors en plein exercice de parachutage en 1982, il se rappelle : « Au moment d’atterrir, je tombe violemment sur mes talons en balancement arrière. À côté de moi, j’aperçois Charley qui enroule son parachute et le met dans le sac. Je voudrais faire de même. Impossible de me relever. Une douleur fulgurante dans le dos me cloue au sol. » Un souvenir indélébile qu’il cite dans ses mémoires. Finalement, plus de peur que de mal. Quelques mois plus tard, nouveau chapitre.

Octobre 1983, son arrivée à l’Élysée


Après le GIGN, le commandant Prouteau crée la nouvelle division GSPR, le Groupe de Sécurité de la Présidence de la République et débauche le breton alors âgé de 40 ans. Roger Madec s’occupe de la gestion de la formation des agents. L’équipe fraîchement constituée s’occupe d’assurer la protection de François Mitterrand durant toute la durée de son mandat à la Présidence. Pour cette raison, Roger Madec emprunte à nouveau les pistes de la base aérienne 107 pour suivre le chef d’État lors de ses déplacements internationaux.
En 1994, Roger Madec choisit Vélizy-Villacoublay, ville qui l’a professionnellement marqué pour couler des jours heureux. Fier de son parcours et sous les encouragements de sa famille, il fait le choix de publier ses mémoires, livre qui a reçu le prix spécial du jury du Prix recherche et réflexion stratégique de la Gendarmerie
2025.

Aujourd’hui, il se repose à l’Ehpad Madeleine Delbrel et nous offre cette histoire hors du commun « un adage qui a été sa vie » comme le cite dans ses mémoires, son supérieur et ami, Christian Prouteau.

DES CHAMPS ;À L’ÉLYSÉE ;Les mémoires d’un ;gendarme du GIGN et du GSPR. Retrouvez son ouvrage complet ici à l'achat.