City of Vélizy-Villacoublay
Recherche

Genèse d'une ville pionnière

Le caractère innovant de Vélizy-Villacoublay s'inscrit dans la lignée d'un passé aéronautique prestigieux né en 1885 avec l'atterrissage du dirigeable du Capitaine Renard.
Avec le projet d'une zone d'emploi, Robert Wagner compte prolonger cet élan technologique. Celle-ci accueille des laboratoires et des bureaux d'études dans des domaines de pointe tels que l'aéronautique, l'automobile et l'armement et les télécommunications. Vélizy 2, avec ses 14 millions de visiteurs en 1986, complète ce paysage économique. Le choix d'une zone d'emploi est stratégique pour la ville puisqu'elle apporte du travail aux portes des habitations et assure des ressources fiscales.
La notion d'industries « propres » est primordiale pour Robert Wagner. Précurseur en matière d'environnement, il fait de la préservation d'un cadre de vie agréable et non pollué l'un des principaux enjeux de son programme. Vélizy-Villacoublay est ainsi la première ville française à être équipée d'un chauffage urbain alimenté au gaz naturel.
Ce rapport à la recherche scientifique se prolonge dans la ville, qui accepte d'être le terrain d'essai de nouvelles technologies comme le Télétel. L'ensemble de ces éléments font de Vélizy-Villacoublay une ville exemplaire faisant l'objet d'études de la part de chercheurs et étudiants étrangers.

Un illustre passé aéronautique propice au développement de la ville

En 1885, l'histoire de l'aéronautique à Vélizy-Villacoublay née avec l'atterrissage du premier dirigeable français, la France, piloté par le Capitaine Renard. Mais 1910 signe le véritable départ de l'aventure aérienne. Le Comte de Lambert s'installe à Villacoublay avec ses avions Wright, dans lesquels l'armée s'initie à l'aéronautique. Une partie des terrains est alors achetée par l'Etat et la société des avions Breguet s'y implante, suivie de Morane-Saulnier et Nieuport. Les essais aériens, civils comme militaires, constituent alors le quotidien du site et les records se succèdent. Alfred Fronval réalise 1111 looping le 25 février 1928. Marcel Brindejonc les Moulinais remporte  la  coupe Pommery de la plus grande distance parcourue en une journée (Villacoublay-Varsovie en 14 h 18 mn) et Maryse Hilsz bat le record féminin de l'altitude le 17 juin 1934 (11 800 m). Les nouvelles technologies de l'aéronautique sont pour la plupart testées à Villacoublay, surtout à partir de la création du service technique des essais en vol en 1915.

A l'orée des années 1960, l'exiguïté du terrain, le trafic aérien en constante augmentation et la pression urbaine contraignent les autorités à mettre fin aux essais. Le site de Villacoublay se consacre alors entièrement aux missions de défense militaire et de transport des hautes autorités françaises et étrangères. Mais l'empreinte des pionniers de l'aviation reste gravée dans l'histoire de la ville et influence les orientations économiques futures.

La zone d'emploi, un choix stratégique pour la ville

Les 200 ha de la zone d'emploi de Vélizy-Villacoublay sont destinés à accueillir des bureaux d'études, des laboratoires, des sièges sociaux et des implantations industrielles non-polluantes, ne présentant aucune nuisance pour le voisinage.

L'objectif premier est de faciliter les liaisons domicile-travail. La zone permet aux habitants de trouver sur place un emploi correspondant à des qualifications professionnelles diverses. La commune prévoit d'y accueillir 25 000 employés, nombre qui sera atteint au milieu des années 1970. Par l'implantation d'entreprises d'avant-garde, la Mairie mise sur une plus grande sécurité de l'emploi, tout en s'assurant des recettes fiscales régulières.

« D'abord, de nombreux Véliziens peuvent travailler près de leur domicile, ensuite ces secteurs d'activité sont plutôt moins menacés que d'autres en matière d'emploi, enfin les ressources fiscales qu'ils garantissent au budget communal permettent d'alléger la part demandée aux ménages. » Robert Wagner

S.A. Engins Matra est la première société à s'y implanter. Avec son bâtiment « doré » à l'architecture novatrice, elle demeure une entreprise emblématique de la zone d'emploi. Elle a longtemps été l'un des principaux employeurs des Véliziens, qu'on surnomme alors les « Matrassiens ».
Par la suite, un glissement progressif s'opère au niveau du domaine d'activité des entreprises de la zone d'emploi, de l'aéronautique (Matra) vers l'automobile (implantation du Centre Technique Citroën en 1966), puis aux télécommunications (Alcatel) et à l'informatique (Cimsa).

En 1986, Robert Wagner rapporte la présence d'une centaine d'entreprises, employant 31 000 salariés. Mais le succès de la zone en terme d'emploi pour les Véliziens reste mitigé. Bernard Dautier, Maire-adjoint, rapporte ainsi que seuls 10% des habitants y travaillent en 1976.

V2, une offre commerciale moderne

Avec l'apparition de la consommation de masse dans les années 1960, les supermarchés fleurissent et les habitudes de consommation changent radicalement. Vélizy-Villacoublay décide de suivre le mouvement initié par le centre commercial Parly 2. En 1972, le choix de réunir petites et grandes enseignes en un seul et même endroit se concrétise. Un grand centre commercial régional est construit à l'extrémité Est de la zone d'emploi, sur une superficie de 18 ha.

Le bâtiment, résolument moderne, s'inscrit dans l'architecture et le design de son temps. Chacun se souvient des lames d'aluminium anodisé du plafond et des fontaines en cuivre. 180 des plus grandes enseignes de l'époque s'y trouvent réunies, de la Samaritaine à Prisunic en passant par le tout premier C&A de France. La population découvre un nouveau moyen de consommer et le succès est immédiat. La dépense moyenne mensuelle par acheteur en 1981 est de 850 F.

Le maître d'œuvre et les architectes-conseils Copeland, Novak et Israël veulent faire de Vélizy 2 l'ensemble commercial modèle du XXème siècle. Le pari est réussi : le centre occupe la seconde place des grands centres commerciaux français en terme de recettes (2 milliards de Francs de chiffre d'affaire en 1986) et la première en terme de fréquentation (14 millions de visiteurs par an en 1986).

Une conscience environnementale innovante

Dès 1953, la volonté de Robert Wagner est de faire de Vélizy-Villacoublay une ville verte dotée d'une conscience environnementale. Dans le contexte de construction et de consommation massive des années 1960 et 1970, cette prise de position est rare et avant-gardiste.

Dès sa conception, les urbanistes ont souhaité intégrer le paysage dans la ville. Chaque îlot comprend ses propres jardins, afin de donner à l'environnement un rôle prépondérant dans la vie de chaque jour. 10% du territoire de la ville est ainsi occupé par les espaces verts, sans compter la forêt de Meudon. En 1978, Vélizy-Villacoublay se voit attribuer par l'Etat le brevet de bonne qualité environnementale en témoignage de l'action de la Mairie en faveur des espaces verts.

La préservation d'un cadre de vie agréable est l'une des principales préoccupations de Robert Wagner. La commune dispose d'un organisme dont il existe peu d'équivalent à l'époque : la Commission de l'Environnement. Cette notion est élargie à l'aménagement de la ville tout entière. La circulation automobile, créatrice de bruit, est rejetée à l'extérieur. Un mur antibruit est élevé le long de l'A86 pour prémunir les habitants des nuisances sonores. Vélizy-Villacoublay est par ailleurs la première ville française à être pourvue d'un chauffage urbain alimenté en gaz naturel. Issu d'une centrale thermique, la pollution atmosphérique est réduite au minimum.

Vélizy-Villacoublay au devant de la recherche

A plusieurs reprises, Robert Wagner va au devant des innovations technologiques. Le domaine de la communication et de la signalétique est le premier à bénéficier de ces avancées. De 1978 à 1982, Vélizy-Villacoublay est le cadre d'une première mondiale dans le domaine de la télématique. 600 ménages véliziens expérimentent le système Télétel qui permet d'avoir accès à 180 programmes et de connaître l'actualité communale. L'expérience, concluante, ouvre la voie à la révolution du Minitel. A la même époque, la ville accepte d'être le terrain d'essai pour le mobilier urbain Decaux. La société offre gracieusement l'ensemble de l'équipement, des panneaux de signalisation aux abribus, et fait de la commune l'une de ses premières villes-test.

Dans le domaine informatique, Vélizy-Villacoublay fait également preuve d'initiative. Dès les années 1980, la Mairie soutient la volonté associative de créer un Club de Micro-informatique. Elle favorise l'accès aux ordinateurs aux plus jeunes par l'acquisition du matériel et l'organisation de cours de formation dans les écoles primaires.

La ville accueille de nombreux chercheurs et étudiants attirés par l'exemplarité du nouveau Vélizy-Villacoublay. En 1984, un comité de futurs professeurs de géographie hollandais vient ainsi étudier la conception et la philosophie de la zone d'emploi. La même année, un groupe d'une quarantaine d'étudiants italiens en provenance de Milan viennent découvrir le Télétel. L'aménagement urbain moderne du nouveau Vélizy-Villacoublay et l'image novatrice véhiculée par les actions de sa Mairie bénéficient donc d'une reconnaissance au niveau international.