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Mardi 9 octobre 2018

Grégoire Delacourt, invité d'honneur à la Médiathèque

C'est un auteur à succès international. Son best-seller "La liste de mes envies", sorti en 2012, a été vendu à plus d'un million d'exemplaires dans 35 pays dont fait rarissime, en Angleterre et aux Etats-Unis. Grégoire Delacourt sera l'invité d'honneur de la médiathèque, ce samedi 13 octobre à 16h, pour une rencontre avec les lecteurs. En attendant ce moment rare et intime, découvrez l'entretien qu'il a accordé au magazine de la ville.

Grégoire Delacourt, invité d'honneur à la Médiathèque

Comment est née votre passion pour l'écriture ?

C’est venu lorsque j’étais dans la publicité en tant que concepteur rédacteur. Pendant près de 35 ans, j’ai écrit des scénarios de films publicitaires, des titres d’affiche, des annonces…, et j’ai adoré ça. Je me suis rendu compte sans le savoir que j’étais une sorte de Cyrano, d’intermédiaire de l’ombre qui allait mettre en relation un produit, un annonceur ou une idée avec des gens. Les mots c’est un peu ma matière de boulanger. Et puis, beaucoup plus tard, j’ai eu l’envie de faire un travail plus personnel avec un premier roman. En 2008, j’ai commencé l’écriture de « L’écrivain de la famille » qui suit un peu la géographie de ma vie, les lieux où j’ai vécu ou que j’ai connus. Il a reçu 5 prix et a été vendu à 25 000 exemplaires. Un an après, je démarrais « La liste de mes envies ». Le succès incroyable de ce second livre a un peu occulté le premier.

Qu'est-ce qui a inspiré l'histoire de ce best-seller ?

C’est simple, j’allais avoir 50 ans. Je me suis dit symboliquement on est à la moitié de son existence. Si j’avais une baguette magique, qu’est-ce que je changerais de la première partie de ma vie ? Et la baguette magique, c’était l’argent. Avec, on peut tout changer, de vie, de visage, de voiture, de maison… Un jour dans le métro, je vois une personne lire un article qui titrait « Les Français dépensent 8 milliards par an en jeux de hasard ». Et là j’ai eu le déclic pour mon héroïne. Elle gagne au loto, mais elle ne veut pas de cet argent parce qu’elle va se rendre compte, finalement, qu’elle aime sa vie. C’est souvent quand on veut changer les choses, qu’on s’aperçoit qu’elles sont belles.

Vous ouvez votre roman par cette citation "Toutes les peines sont permises, toutes les peines sont conseillées : il n'est que d'aller, il n'est que d'aimer". Résume-t'-elle la morale de l'histoire de Jocelyne Guerbette, votre héroïne ?

Je ne sais pas. Je ne pense pas qu’il y ait de morale dans mes livres. Je trouvais cette phrase très belle. C’est un beau moteur de vie. Toutes nos peines, nos amours, nos parts secrètes nous font avancer. S’il devait y avoir une morale, elle dirait ce que Saint-Augustin avait compris : « le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède ».

Il y a souvent en filigrane dans vos romans, ce désir de montrer le décalage de nos rêves, ceux que nous inspire la société de consommation, et notre véritable nature?

Il y a un besoin de consommer parce que la société économique est fondée sur ce système. Les industriels fabriquent des produits qui, au-delà de leur fonction, disent des choses. Si une voiture vous conduit, quelle que soit sa marque et son prix d’un point à un autre, il va de soi que le faire en Porsche ou en Twingo véhicule une autre idée à laquelle on adhère ou pas. Avec le monde de la publicité où j’ai travaillé jusqu’il y a encore un an, j’ai appris à parler aux gens, à les toucher sincèrement.

Si vous étiez millionnaire, quelle serait "La liste de vos envies" ?

J’en ai déjà réalisées pas mal dans ma vie. Pas sûr que j’ai une grande liste… Parce que je m’aperçois que l’on peut les satisfaire sans être millionnaire. On peut déjà faire ou donner aux autres sans être riche. Il ne faut pas se cacher derrière ce fantasme « qu’est-ce que je ferais si j’avais des millions ? ». La vraie question est plutôt : « qu’est-ce que vous feriez si vous n’aviez plus peur ? ». Si j’étais millionnaire, je ne changerais pas grand-chose… La plupart des gens qui gagnent une grosse somme d'argent confient ne pas vouloir changer de vie, mais l’améliorer avec plus de confort. Ils ne veulent surtout pas devenir quelqu’un d’autre.

Votre dernier roman en date, sorti début 2018, La femme qui ne vieillissait pas, s'attache à démontrer nos petits et grands travers...

Oui j’aime bien penser que la société ou les parents nous tracent des routes toutes droites, et de montrer l’impermanence des choses qui nous fait bifurquer et rend la vie belle et excitante. J’aime l’imprévu. Il nous apprend tellement sur nous-même. Je crois qu’il y a une sorte de bonheur conforme à rester dans les rails, alors que tout l’intérêt et l’attrait de la vie, c’est précisément de faire un pas de côté. Dans ce dernier roman, je mets en évidence toutes ces prisons mentales dans lesquelles les femmes se sont enfermées, comme l’âge. J’avais envie de faire tomber ces barreaux en pointant le paradoxe d’une société qui réaffirme les libertés des femmes pendant que des magazines véhiculent l’idée aliénante que la beauté c’est la jeunesse. Il y a 50 ans, on entendait dans les discours MLF pour la première fois « notre corps nous appartient ». C’est monstrueux de continuer à penser qu’une femme n’ait de valeur que parce qu’elle est jeune, implicitement en capacité de faire des enfants, donc utile à la société. Ce livre est là pour dénoncer cela et rétablir d’autres valeurs. Ne pas vieillir, ce serait un cauchemar. Avoir 30 ans durant 30 ans, ce serait l’horreur, je vous assure… La vraie beauté, c’est l’estime de soi.

Agenda

Tout l'agenda
Du samedi 6 octobre 2018 14h00 au samedi 3 novembre 2018 18h00

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Du lundi 15 octobre 2018 au samedi 20 octobre 2018

Programme Semaine Bleue du 8 octobre au 13 octobre 2018

Samedi 20 octobre 2018 de 14h00 à 18h15

Atelier robotique Lego Mindstorm

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L'inauguration du parvis de Mozart, initialement prévue le samedi 13 octobre, aura lieu le samedi 20 octobre à 15h. Venez nombreux !